L’incroyable injustice de la guérison : Pourquoi est-ce à vous de faire le travail ?
- Sarah Fréchet
- 14 janv.
- 2 min de lecture
C’est un constat qui revient presque systématiquement en séance : ce sont les personnes ayant subi le préjudice qui entreprennent le chemin de la thérapie.
Vous dépensez votre énergie, votre temps et des sommes parfois importantes pour guérir de maltraitances, de manques de respect ou de silences que l’on vous a fait subir.
Pendant ce temps, ceux qui ont causé ces blessures semblent souvent poursuivre leur route sans jamais se remettre en question.
C’est fou, n’est-ce pas ? Et c’est, d’un point de vue humain, profondément injuste.
Le poids de se sentir « inadaptée »
Cette injustice s’accompagne souvent d’une croyance limitante : celle de se croire "inadaptée".
On finit par penser que notre système émotionnel est défectueux parce qu'il réagit encore à ce qui a été vécu.
Mais la réalité est ailleurs.
Ce n’est pas vous qui êtes inadaptée, c’est le comportement de ceux qui vous ont blessée qui l’était.
Ce que vous avez pris pour une faille personnelle n’était qu’une réponse saine de votre être face à l'anormalité.

La colère : La voix des profondeurs
Dans ce processus de guérison, la colère est souvent mal aimée.
On voudrait s'en débarrasser pour se sentir "zen" ou "guérie".
Pourtant, votre colère est votre alliée la plus fidèle.
Elle est la voix de vos profondeurs, votre énergie de vie primordiale qui crie parce qu’elle a été bafouée ou bâillonnée trop longtemps.
Elle est le signal indispensable qui vous a poussée à dire : « Plus jamais ça ».
Ne la faites pas taire, apprenez à l'écouter. Elle est la preuve que votre force de vie est intacte.
Sortir du rôle pour reprendre les rênes
Pourquoi est-ce à vous de faire ce travail si vous n'êtes pas responsable du mal commis ?
Parce que s’arrêter au constat de l'injustice, c’est rester liée à celui qui vous a blessée.
C’est lui laisser, encore aujourd'hui, le pouvoir de décider de votre futur.
Faire ce travail de libération systémique, ce n’est pas "accepter" le préjudice.
C’est décider qu’il n’aura pas le dernier mot.
Ce n'est plus une question de faute, c'est une question de responsabilité envers vous-même.
Déclarer son indépendance
En choisissant de regarder votre histoire en face, vous passez du statut de celle qui a subi à celle qui crée sa propre réalité.
C’est là que vos limites deviennent claires, nettes et infranchissables.
Vous ne « subissez » plus, vous vous positionnez.
Ce n’est pas une dette que vous payez, c’est votre indépendance que vous déclarez au monde.
Devenir un phare pour les autres
En vous relevant ainsi, vous devenez un phare.
Sans même avoir besoin de convaincre, votre simple présence montre qu’il est possible de transformer l’injustice en une force souveraine.
Vous offrez aux autres l'enseignement le plus précieux : on peut cesser de porter le poids du passé pour enfin habiter sa propre lumière.
Guérir, c’est cesser de porter le poids du préjudice pour enfin habiter l’espace de sa propre vie.







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